Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

Le 1er septembre 2014,

Objet : Agression et insécurité

Monsieur le Président de la République

Il est de rares moments dans la vie d’un citoyen qui se présentent et dans lesquels un citoyen désemparé, blessé, à terre, ne sait plus vers qui se tourner.

Il est de ces moments où le chef de notre Etat nous semble être le seul recours car il est le seul, tout en haut de la pyramide d’un système, vers qui se tourner pour trouver une aide, un secours, un recours.

Je suis ce citoyen. Pour un système je suis un numéro de sécurité sociale, parfois un KBIS. Mais un citoyen c’est aussi une vie qui se construit. J’ai construit la mienne en étudiant dur, en travaillant dur, et il y a maintenant 4 ans en décidant d’assumer mon désir d’indépendance en créant ma modeste entreprise.

Je suis ce citoyen qui n’a jamais cédé aux sirènes prosélytes de l’insécurité. Pour moi l’insécurité était lointaine. Je faisais aussi le nécessaire, sans doute, pour l’éviter.

Mais voilà, cette insécurité m’a frappé de plein fouet.

Le 23 août dans le charmant petit village de Fontès, dans l’Hérault, où je résidais encore il y a quelques jours, sur la terrasse du seul café du village, l’insécurité était à côté de moi.

Elle avait un nom, un visage. Après des provocations homophobes qui ont duré pendant plus d’une demi-heure, l’insécurité a frappé lourdement. Elle a brisé mon genou, arraché mon ligament, fissuré mon ménisque. J’étais à terre. L’insécurité s’est acharnée lançant tables, chaises, planches, canettes de verre pendant que quelques citoyens tentaient de me protéger et que d’autres fuyaient.

Aujourd’hui, Monsieur le Président, si je vous écris c’est pour savoir si aux yeux de la justice ma vie, ma sécurité, mon travail, mon entreprise et tout ce que j’ai construit a moins de valeur que la santé d’un chaton comme dans la si médiatique affaire « Farid de la Morlette » où en quelques jours un dangereux criminel en a été arrêté, jugé et mis derrière les barreaux pour plusieurs mois.

Cinq jours, Monsieur le Président, c’est le temps qu’il m’a fallu pour passer radios, scanner, déposer plainte, passer une IRM et passer devant un médecin légiste qui a décidé que mon état de santé ne nécessitait que 5 jours d’ITT. Cela implique que mon agresseur peut tranquillement continuer sa vie en attendant de comparaitre, peut-être, devant un tribunal pour des faits relevant de la contravention et non pas du délit.

Je m’interroge monsieur le Président. J’ai peur Monsieur le Président. Je n’ai plus foi dans mon pays et dans sa justice. Je me demande comment un médecin autorisé et reconnu auprès des tribunaux peut considérer que ma vie peut se dérouler sans trop de gêne au bout de 5 jours alors que, pendant au moins 30 jours, je dois porter une attelle, que je ne peux poser ma jambe, et que je ne peux que très difficilement et douloureusement m’habiller seul.

Monsieur le Président, je viens quérir auprès de vous défense et justice. Je viens chercher du sens à ce système qui m’écrase et m’accable alors que l’insécurité faite homme est libre, en pleine santé et peut jouir pleinement des deux.

Je ne demande rien d’autre qu’une application du droit ainsi que de la décence et de l’honnêteté dans le jugement de mon état de santé. Je ne demande rien d’autre que le droit de voir mon agresseur répondre de ses actes devant la justice.

Monsieur le Président, ne doutant pas de votre écoute, je tiens bien évidemment à votre disposition et à celle de vos collaborateurs tous les éléments leur permettant de juger de la légitimité de mes propos concernant cette procédure référencée xxxxxx.

Dans l’espoir de votre réponse compréhensive, je vous prie d’agréer, Monsieur la République, l’expression de ma très haute considération.

Frédéric Martinet

 

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